Voyage naturaliste au Botswana

Delta de l’Okavango

Séjour dans la concession privée de Shinde – Ker & Downey, Delta de l’Okavango du 18 au 21 Novembre.

Notre second séjour s’est déroulé dans la concession privée de Shinde (prononcer Shindi), située dans le Nord du delta de l’Okavango (voir les cartes au début de ce rapport, particulièrement la 3ème). Nous y avons été hébergés dans le Shinde camp, un camp de tentes construit dans un style préservant le charme historique des safaris du siècle dernier. Le camp est implanté sur une ile parsemée de palmiers, attenante à une lagune permanente. Ses tentes sont spacieuses et confortables. La salle à manger, construite sur pilotis pour résister à la montée des eaux en période de crue de l’Okavango, jouxte la lagune, sur laquelle elle offre un beau point de vue. Le camp comporte le traditionnel Boma, une enceinte ronde protégée par une palissade de bois, où se déroulent certains diners, particulièrement ceux associés à une performance musicale par les employés du camp, ou des chants ou des danses traditionnels. Comme dans la plupart des camps Nature Africains, on peut aussi finir la soirée en plein air, autour du feu de bois. L’ambiance est simple, mais très conviviale et chaleureuse. C’est le camp que nous avons le plus apprécié de tout notre voyage (Botswana + Namibie).

C’est Kenny, un Botswanien de 30 ans, qui nous a guidé . Précédemment membre des Forces Botswaniennes anti-braconnage, il s’est avéré remarquable par ses capacités d’observation et sa connaissance de la Nature de son pays. Passionné par son sujet et par la photo animalière, il a tout de même quelques limites au niveau des oiseaux. Iil faut dire que j’ai essayé de le pousser dans le domaine des multiples Alouettes locales, et plus encore des Cisticoles, si difficiles à identifier! Tout de même certainement le meilleur guide Nature de tout notre voyage.

L’Okavango, troisième cours d’eau Africain pas sa longueur, est un fleuve qui ne trouve pas la mer . De ce fait l’eau qu’il charrie s’étale au milieu du vaste désert du Kalahari, créant le second plus grand delta intérieur d’Afrique, après celui du Niger. Ce delta est constitué de myriades de bras et de canaux, entourant de très nombreux ilots végétalisés. Beaucoup de ces ilots se sont constitués autour des très nombreuses termitières de type cathédrale qu’on peut observer dans le delta, et qui y sont un élément caractéristique du paysage. Ces termitières mesurent le plus souvent 2 à 3 m de haut, mais certaines peuvent atteindre jusque 8m. Leur partie visible, celle qui dépasse le sol (mais leurs dimensions en dessous du sol sont souvent encore plus imposantes) est construite par les millions de termites qui les habitent, en un mélange de terre, de divers débris végétaux, dont du bois, associé à des secrétions des termites comme la salive et la cire, l’ensemble régurgité par les ouvrières. Les parois ainsi constituées peuvent atteindre jusque 30 cm d’épaisseur à la base, beaucoup plus large que la partie plus haute, et sont ensuite cuites par le soleil.. Le résultat est très solide et imperméable tant que la colonie des termites qui les a générées et les entretient continuellement survit.

En période de hautes eaux de l’Okavango, les termitières font obstacle au courant qui circule dans les zones inondées, et sont à l’origine d’un dépôt de débris végétaux et de limon juste en amont . Des végétaux se développent sur ces amas, y incluant rapidement, quelques arbres. L’obstacle au courant qui en résulte s’accroit, et c’est ainsi que se constituent et se renforcent les myriades d’iles qui caractérisent le delta.

Le Delta de l'Okavango vu des airs début Aout à l'approche de Moremi Game Reserve.Le Delta de l'Okavango vu des airs début Aout à l'approche de Moremi Game Reserve. Cette photo prise en 2008 depuis l'avionnette qui nous amenait à l'air-strip de Xigera camp (situé sur la berge Ouest de la Moremi Game Reserve, voir la carte du Delta au début de ce rapport) donne une idée de la structure du delta après plusieurs mois de saison sèche, et alors que le flux de l'Okavango a déjà beaucoup diminué. Il persiste des étendues d'eau, mais une bonne part du Delta s'est déjà asséchée. La terre y est parsemée de monticules générés par des termitières aujourd'hui pour la plupart mortes. Mais quelques semaines plus tôt il s'agissait encore d'autant d'ilots entourés d'eau lorsque le flux du fleuve était plus important.
Le Delta de l'Okavango vu des airs à l'approche de Xigera,  début Aout.Le Delta de l'Okavango vu des airs à l'approche de Xigera, début Aout. Comme on peut le constater, le camp de Xigera a été installé dans une zone plus humide du delta. On observe dans ce marécage de nombreuses iles, souvent arborées, particulièrement de palmiers. Et ce n'est pas un hasard si l'on peut compter au moins 10 termitières encore actives dans le champs de la photo. En fait toutes les iles ou presque on été générées par des termitières selon les mécanismes décrits dans le texte.
Termitière, Delta de l'Okavango, Shinde concession, Botswana.Termitière, Delta de l'Okavango, Shinde concession, Botswana. Cette termitière est active, et peut contenir des millions de termites. Sa base est large (son diamètre peut atteindre jusque 30 m dans les plus grosses termitières), avec des parois dont l'épaisseur peut atteindre 30 cm. Elle surmonte une partie souterraine encore plus vaste, dans laquelle les termites cultivent les champignons qu'elles consomment. La partie haute est moins large, et sert en grande partie à réguler la température et le gaz carbonique dans la termitière. Pour cela les ouvrières ouvrent ou ferment des conduits de ventilation s'étendant de la partie souterraine presque jusque la pointe, selon les besoins. Lorsque le flux de l'Okavango est au plus haut, le sol qui entoure la termitière est couvert d'eau, et la termitière a déjà généré une petite ile sur laquelle quelques arbustes se sont enracinés.
Termitière (Termite mound) supportant un arbre Fromager, ou Kapokier (Kapok, Ceiba pentandra ssp guineensis),  Kwando Reserve, Delta de l'Okavango, Botswana.Termitière (Termite mound) supportant un arbre Fromager, ou Kapokier (Kapok, Ceiba pentandra ssp guineensis), Kwando Reserve, Delta de l'Okavango, Botswana. Sur cette photo prise en fin de saison sèche et en basses eaux du fleuve Okavango, autre exemple du rôle des termitières dans la structuration du delta: celle ci centre une surélévation du sol a priori suffisante pour qu'elle émerge sous la forme d'un ilot en période d'eaux plus fortes. Sur cet ilot se sont déjà développés plusieurs arbres, dominés par un Fromager, ou Kapokier. En période de hautes eaux de l'Okavango, leurs troncs, comme le volume de leur système racinaire, contribuent à arrêter alluvions et débris végétaux et ainsi à augmenter peu à peu la surface de l'ilot. Le Fromager, caractérisé par l'importance des contreforts qu'il développe à la base de son tronc, est l'un des plus grands arbres Africains (jusque 60 m de haut pour la sous-espèce Guineensis seule présente sur ce continent).
Termitières (termite mounds) groupées dans la Réserve de Kwando, Delta de l'Okavango, Botswana.Termitières (termite mounds) groupées dans la Réserve de Kwando, Delta de l'Okavango, Botswana. Dans certains cas, les termitières peuvent être groupées comme sur cette photo, ce qui augmente la capacité de l'ensemble à retenir alluvions et débris, et facilite la formation rapide d'une ile plus vaste. noter l'inclinaison des "cheminées" des différentes termitières. Dans tous les cas elle se fait vers l'Ouest, dans le but de réduire l'élévation thermique résultant de l'exposition aux rayons du soleil dans une partie de la cheminée, où pourront être transportées si nécessaire les

Au total, via ce delta intérieur, l’Okavango crée 2 millions d’hectares de zones humides au milieu de l’immense et particulièrement aride désert du Kalahari . En période de hautes eaux du fleuve (Avril à Octobre), ce pays de cocagne attire une faune considérable menacée par le dessèchement saisonnier des zones qu’elle habite le reste du temps . Pour beaucoup de ces animaux, rejoindre le delta est alors une question de vie ou de mort. On estime qu’environ 200 000 grands animaux s’y côtoient alors, dont plus de 100 000 éléphants, et on y a dénombré 480 espèces d’oiseaux.

Les 3 pays riverains du delta (Angola, Namibie et Botswana) ont conclu un protocole de gestion durable du bassin de l’Okavango, visant à le protéger ainsi que la riche Nature qu’il contient. Cependant un projet Namibien de barrage du fleuve au niveau de la bande de Caprivi pourrait bouleverser ces équilibres dans une partie du delta. Par conséquent, si vous avez la possibilité de le faire, ne tardez pas à le visiter !

Notre séjour à Shinde s’est déroulé en dehors de la période des plus hautes eaux de l’Okavango, et à la jonction entre la saison sèche et le tout début de la saison des pluies . Nous y avons d’ailleurs vécu l’une des toutes premières pluies de la saison. A ce moment le plus sec de l’année, la proportion des terres émergées a beaucoup augmenté aux dépens de celles couvertes d’eau, Mais les zones humides restaient nombreuses. Un avantage de cette date était, comme nous le verrons de nouveau sur plusieurs photos de mammifères, qu’il s’agissait dumoment des mises bas des mammifères herbivores. Leur synchronisation avec le début de la saison des pluies, et donc l’impulsion qu’elle donne à la croissance de l’herbe, fournit en effet à ces animaux des conditions optimales pour une lactation de qualité. Mais cette période est aussi un moment privilégié pour les carnivores, qui trouvent alors parmi les nombreux bébés de quoi festoyer et nourrir dans les meilleures conditions leur propre progéniture.

Au cours des 3 journées passées au Shinde camp, nous avons pu observer la faune au niveau de 2 zones principales:

- Quotidiennement en Land-rover de type Safari (5 sorties de 3 à 5h) dans la concession entourant le camp, constituée d’une savane en majorité herbeuse ou arbustive, parsemées de zones plus arborées, et de grandes termitières ou de bosselures laissées par les plus anciennes après disparition des colonies de termites qui les avaient érigées,, le tout entrecoupé de chenaux et de marais.

Lechwes rouges (Red lechwe, Kobus leche ssp leche) escortés de Hérons garde-boeufs, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Lechwes rouges (Red lechwe, Kobus leche ssp leche) escortés de Hérons garde-boeufs, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Paysage typique de la concession de Shinde en saison sèche que cette savane herbacée parcourue par des hardes d'antilopes dont la plus commune dans le Delta de l'Okavango est le Lechwe rouge, et entrecoupée de bosquets, mais aussi de canaux ou de marécages non représentés sur cette photo. Noter les nombreux Hérons garde-boeufs (Bubulcus ibis) qu'on devrait appeler au Botswana Hérons garde-tout, car nous en avons vu accompagner la plupart des mammifères, jusque des éléphants, guettant la fuite des insectes dérangés par ces animaux pour les capturer et les avaler ou les porter à leurs petits au nid.
Traversée d'un marécage en Land-rover, Shinde concession, Botswana.Traversée d'un marécage en Land-rover, Shinde concession, Botswana. Régulièrement, les expéditions requièrent de traverser un marécage, ou un chenal peu profond. En espérant que notre chauffeur n'en a pas sous-évalué la profondeur, mais nous ne nous sommes jamais enlisés (tout au moins au cours de ce voyage!)!
Paysage du delta de l'Okavango en fin de saison sèche (fin d'après-midi), Shinde concession, BotswanaPaysage du delta de l'Okavango en fin de saison sèche (fin d'après-midi), Shinde concession, Botswana Tout y est hormis les animaux (en cherchant bien, vous trouverez tout de même 2 antilopes): savane herbacée, arbres et eau. Même une termitière au fonds et à gauche! Et de magnifiques stratocumulus!

- A une reprise lors d’une croisière nautique d’environ 3h en canot motorisé sur le Magweggana spillway , aussi appelé Selinda spillway, dont on peut voir le trajet sur la première des cartes introduisant ce rapport (son nom est inscrit juste à droite de la mention « Okavango river »). Ce spillway est un déversoir naturel dans lequel l’eau ne circule qu’en période de très forte crue du fleuve Okavango, conduisant à ce qu’une petite partie des eaux de ce fleuve soit dérivée vers le bassin du Zambèze via les rivières Cuando ou Kwando, puis Selinda, et enfin Chobe (ces 3 rivières n’en étant en fait qu’une dont le nom change au fil du parcours). Lors de notre séjour, le Magweggana spillway était en eau, et rejoignable via divers canaux à parti de la lagune de Shinde. L’environnement y était particulièrement plaisant du fait des nombreux papyrus en fleurs tapissant ses berges. Kenny avait aussi prévu la visite d’une héronnière réunissant les nids de plusieurs espèces d’Ardeidés et de Cormorans alors en pleine période de reproduction. Cette visite dut être annulée au dernier moment, de probables braconniers ayant été repérés dans la zone concernée, et une opération de police étant en cours pour tenter de les capturer, risquant de nous exposer aux tirs croisés des 2 parties.

Papyrus (Papyrus, Cuperus papyrus) sur les berges du Maggwegana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana.Papyrus (Papyrus, Cuperus papyrus) sur les berges du Maggwegana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana. Magie des papyrus, une plante gracieuse qui atteint 3 voire jusque 5m de hauteur, et peut former un écran épais le long des cours d'eau qu'elle colonise comme le Magweggana spillway. Elle peut aussi couvrir de grandes surfaces de marais et est à la base d'un écosystème riche, répandu dans toutes les zones humides de l'Afrique subsaharienne. Une demi-douzaine d'oiseaux lui sont tellement inféodés qu'on parle d' "endémiques du papyrus". Le plus célèbre est le rare Bec en sabot.
Papyrus en fleurs (Papyrus, Cuperus papyrus) sur les berges du Maggwegana spillway, gros plan, Delta de l'Okavango, Botswana.Papyrus en fleurs (Papyrus, Cuperus papyrus) sur les berges du Maggwegana spillway, gros plan, Delta de l'Okavango, Botswana. Au cours de notre périple sur le Maggwegana spillway, la plupart des papyrus étaient en fleurs, ou plutôt l'avaient été récemment, car l'apparition de la couleur brune sur les inflorescences suggère qu'elles en sont maintenant au stade de graines. La présence de toutes ces graines sr les papyrus n'en apportait pas moins un charme supplémentaire.
Gros plan sur la roselière bordant le Maggwegana spillway, et sur l'un de ses hôtes fréquents, la Cisticole grinçante  (Rattling cisticola, Cisticola chiniana), Delta de l'Okavango, Botswana.Gros plan sur la roselière bordant le Maggwegana spillway, et sur l'un de ses hôtes fréquents, la Cisticole grinçante (Rattling cisticola, Cisticola chiniana), Delta de l'Okavango, Botswana. Ce cliché mal cadré visait essentiellement à illustrer la densité de la roselière Ce n'est qu'en visionnant mes photos que j'ai découvert la cisticole,qui n'était certainement entrée dans le champ de mon objectif au dernier moment, et au mauvais endroit pour le cadrage de la photo!

- Faute de temps nous avons renoncé à la classique balade en mokoro, canot traditionnel du Delta de l’Okavango propulsé par la perche d’un piroguier se tenant debout à l’arrière de son esquif. Nous avions déjà vécu à plusieurs reprises cette expérience très plaisante lors de séjours antérieurs au Botswana.. Nous ne pouvons en tous cas qu’ encourager les visiteurs du delta à tester ce moyen de découvrir sa nature luxuriante de façon paisible, vous situant à la même hauteur que les animaux et vous permettant d’ observer des plantes, insectes et batraciens que vous n’auriez jamais vu autrement. Ci-dessous quelques souvenirs.

Un mokoro qui n'attend que vous! Savannah lodge, Delta de l'Okavango, Botswana.Un mokoro qui n'attend que vous! Savannah lodge, Delta de l'Okavango, Botswana. Le mokoro est une pirogue traditionnelle qu'on a longtemps fabriquée en creusant le tronc d'un grand arbre. Après l'indépendance du Botswana, il n'a pas fallu longtemps à son nouveau gouvernement qui misait beaucoup sur le développement du tourisme pour réaliser qu'en l'absence de mesure stricte, il ne faudrait guère plus de 50 ans pour que les peu nombreux grands arbres du pays aient tous disparu pour la production des pirogues nécessaires pour ce développement touristique! Ce pourquoi il est aujourd'hui interdit de couper des arbres pour fabriquer des mokoros, qui sont désormais faits en fibre de verre, ce qui les rend aussi moins lourds et plus maniables, même si moins typiques!
Entrée du mokoro dans une zone marécageuse intercalée entre plusieurs ilots boisés, Chief's camp, Delta de l'Okavango, Botswana.Entrée du mokoro dans une zone marécageuse intercalée entre plusieurs ilots boisés, Chief's camp, Delta de l'Okavango, Botswana. Nous avons pris cette photo et plusieurs des suivantes début Aout 2008 dans les environs de Chief's camp. Ce voyage avait donc lieu 10 semaines plus tôt dans l'année que celui de 2019. Nous étions donc beaucoup moins avancés dans la saison sèche, ce qui explique un biotope plus en eau. Chief's camp est situé dans la Moremi Game Reserve, pas très loin de Xigera (voir la carte du Delta au début de ce rapport). Le mokoro s'avéra un moyen idéal pour circuler dans ce type de marécage peu profond, ou sur des canaux étroits.
Mokoro et son piroguier traversant un marécage au début du mois d'Aout, Delta de l'Okavango, Botswana.Mokoro et son piroguier traversant un marécage au début du mois d'Aout, Delta de l'Okavango, Botswana. Chaque mokoro peut transporter 2 personnes en plus du piroguier. Lors des sorties organisées par les camps de tourisme, plusieurs embarcations se suivent généralement à 15 ou 20 m d'intervalle.
Lechwes rouges (Red lechwe, Kobus leche leche), 2 jeunes mâles regardant placidement passer notre mokoro, Chief's camp, Delta de l'Okavango, Botswana.Lechwes rouges (Red lechwe, Kobus leche leche), 2 jeunes mâles regardant placidement passer notre mokoro, Chief's camp, Delta de l'Okavango, Botswana. Comme le montre cette photo prise depuis un mokoro, le passage proche des humains qui y sont assis ne déclenche pas les réactions de fuite habituelles des 2 Lechwes, ni celles des 2 tourterelles qui restent perchées. Il faut dire que l'image de l'être dangereux que représente l'humain et qui déclenche habituellement de tels comportements de fuite et est gravée dans les gènes de la plupart des espèces animales est celle d'un bipède de grande taille, érigé sur ses pattes arrière, soit un profil trés différent de celui des passagers d'un mokoro. A FINALISER
Jacana nain (Lesser jacana, Microparra capensis), Chief's island,  Moremi game reserve, Delta de l'Okavango, Botswana.Jacana nain (Lesser jacana, Microparra capensis), Chief's island, Moremi game reserve, Delta de l'Okavango, Botswana. Outre la découverte de nouveaux environnements, le mokoro permet aussi de révéler au milieu du marais une faune variée que ni les safaris en voiture, ni ceux à pied n'auraient permis de visualiser: batraciens, reptiles, petits mammifères, oiseaux secrets comme ce rare Jacana nain que je n'avais jamais vu avant cette sortie, et n'ai jamais plus revu depuis. Noter la longueur exceptionnelle de ses doigts, spécifique des Jacanas, et qui leur permet de marcher sur l'eau (en apparence). En fait leurs doigts trés écartés prennent appui sur une large surface des feuilles de nénuphars situées juste au dessous de la surface.
Couleuvre verte du genre Philothamnus, probablement Philothamnus angolensis (Angola green snake) ou Philothamnus irregularis, hologaster ou ornatus. Chief's Camp, Delta de l'Okavango, Botswana.Couleuvre verte du genre Philothamnus, probablement Philothamnus angolensis (Angola green snake) ou Philothamnus irregularis, hologaster ou ornatus. Chief's Camp, Delta de l'Okavango, Botswana. La rencontre d'un serpent est généralement moins recherchée, même si, comme celui-ci, il s'agit d'une inoffensive couleuvre ! Il existe aussi dans la région un Mamba vert, beaucoup plus dangereux, mais on ne le rencontre pas dans les marais! Cette couleuvre fait partie du genre Philothamnus dont les 20 espèces se ressemblent beaucoup. Les autres options d'espèce citées dans le titre sont aussi possibles, en fonction de leur distribution dans le delta de l'Okavango, mais l'espèce Angolensis est la plus probable.

Nous avons ainsi pu observer un total de 87 espèces d’oiseaux, dont 55 nouvelles par rapport à CHOBE, 22 espèces de mammifères dont 17 nouvelles, et 2 espèces de reptiles dont aucune nouvelle. Nous présentons aussi un insecte et quelques végétaux intéressants. Une bonne partie de ces espèces sont représentées ci-après par des photos (leur nom est souligné dan le texte). Les dates, lieux, nombres d’individus de chaque espèce et d’autres particularités des observations peuvent être trouvés sur www.observation.org en se référant au nom jacques buvat et à la date de l’observation.

Les oiseaux de la concession de SHINDE

Nous avons regroupé les espèces observées en les mêmes 4 groupes que pour CHOBE (Aquatiques, Rapaces, Passereaux, et Autres)

En ce qui concerne les ESPECES AQUATIQUES nous en avons observé 31 dont 18 sont illustrées ci-dessous (noms soulignés):

3 espèces de l’ordre des Suliformes : 13 Anhingas d’Afrique (voir photos de l’espèce dans Chobe), 2 Cormorans africains et 5 Cormorans à poitrine blanche

Parmi les espèces de l’ordre de Pélecaniformes,

- 7 espèces de la famille des Ardéidés : 2 Grandes aigrettes, 24 Aigrettes ardoisées, 16 Aigrettes garzette, 1 Crabier chevelu, 1 Héron cendré, 25 Hérons Garde-bœufs accompagnant tantôt des Eléphants, tantôt divers types d’antilopes, et qu’on verra accompagner divers mammifères, et 7 Hérons intermédiaires.

- et 3 espèces de la famille des Threskiornithidés (nom barbare attribué à la famille des Ibis et des Spatules), soit2 Ibis falcinelle, 5 Ibis sacrés (Photo dans Chobe) , et 18 Spatules d’Afrique.

Cormorans à poitrine blanche (White-breasted Cormorants, Phalacocrorax Lucidus), envol, Réserve Naturelle d'intérêt Communautaire de La Somone, Région de Thiés, Sénégal.Cormorans à poitrine blanche (White-breasted Cormorants, Phalacocrorax Lucidus), envol, Réserve Naturelle d'intérêt Communautaire de La Somone, Région de Thiés, Sénégal. Longtemps considéré comme une sous-espèce du très répandu Grand cormoran, le Cormoran à poitrine blanche a maintenant été élevé au rang d'espèce à part entière sur la base d'études génétiques. Faute de photo correcte à Shinde, j'ai utilisé pour le représenter un cliché que j'en ai pris sur la lagune de la Somone, qui illustre bien sa principale différence avec le grand cormoran, à savoir sa poitrine restant blanche même chez l'adulte.
Aigrette ardoisée adulte (Black Heron, Egretta ardesiaca), Reposoir des oiseaux, Parc National du delta du Saloum, Sénégal.Aigrette ardoisée adulte (Black Heron, Egretta ardesiaca), Reposoir des oiseaux, Parc National du delta du Saloum, Sénégal. De même pas de chance pour des photos d'Aigrettes ardoisées, trop éloignées à Shinde. D'où cette photo que j'ai prise au Sénégal, qui montre bien les caractéristiques de l'espèce: taille de la Garzette, et différentiation de l'Aigrette des récifs, également sombre, par l'absence de tâche blanche sous la gorge, le bec totalement noir et non jaunâtre, et surtout le jaune orange vif à limite nette des pieds qui, chez la Récifs sont jaune-verdâtre remontant sur la patte, sans limite nette.
Aigrette ardoisée (Black heron, Egretta ardesiaca), adulte pêchant en attirant les poissons dans l'ombre qu'il crée sous ses ailes, Golf de Saly, Région de Thiès, Sénégal.Aigrette ardoisée (Black heron, Egretta ardesiaca), adulte pêchant en attirant les poissons dans l'ombre qu'il crée sous ses ailes, Golf de Saly, Région de Thiès, Sénégal. Comme le montre la photo, également prise au Sénégal, l'Aigrette ardoisée a une méthode de pêche très originale, qui lui est propre. Les pattes dans ou contre l'eau, elle forme avec ses ailes un cône qui crée de l'ombre. Les petits poissons aiment s'y réfugier., croyant se mettre à l'abri. Mais comme elle aussi introduit sa tête sous ses ailes, elle n'a plus qu'à les y cueuillir!
Héron cendré (Grey Heron, Ardea cinerea) perché  sur la tête d'un hippopotame, en compagnie de 2 Piqueboeufs à bec rouge (Red-billed oxpecker, Buphagus erythrorynchus), Shinde, Botswana.Héron cendré (Grey Heron, Ardea cinerea) perché sur la tête d'un hippopotame, en compagnie de 2 Piqueboeufs à bec rouge (Red-billed oxpecker, Buphagus erythrorynchus), Shinde, Botswana. Des oiseaux se perchent souvent sur les hippopotames lorsque leur corps affleure la surface de l'eau. Tels des rochers en émergeant, les hippos leur servent alors de poste de guet, ou même de pêche. En revoyant cette photo il m'a toutefois fallu un moment pour reconnaitre le héron cendré, car il lui manque la huppe noire caractéristique. C'était en fait le vent qui l'avait retroussée, et ainsi cachée.
Héron intermédiaire (intermediate egret, Ardea intermedia), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Héron intermédiaire (intermediate egret, Ardea intermedia), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Le Héron intermédiaire, qu'on devrait plutôt appeler Aigrette intermédiaire comme les Anglophones, se caractérise par sa taille intermédiaire à celles de la grande Aigrette et de l'Aigrette garzette, son bec toujours jaune, son tibia (partie haute de la patte) jaunâtre alors que le reste de la patte est noir, et son trait commissural s'arrêtant au dessous de l'oeil, alors qu'il le dépasse franchement chez la Grande aigrette.
Crabier chevelu (Squacco heron, Ardeola ralloides), adulte internuptial, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal.Crabier chevelu (Squacco heron, Ardeola ralloides), adulte internuptial, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal. On peut observer ce petit héron dans les zones humides de toute l’Afrique, mais aussi en Europe (environ 2000 couples, surtout au Sud) et dans une partie notable de l’Asie. Lorsqu’il est posé, il apparait soit tout brun s’il s’agit d’un juvénile ou, comme sur cette photo prise au Sénégal, d’un adulte en plumage internuptial, soit tout chamois s’il est en plumage nuptial, époque à laquelle le bec, jusque là noir, prend une jolie couleur bleue.
Crabier chevelu (Squacco heron, Ardeola ralloides), adulte à l'envol, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal.Crabier chevelu (Squacco heron, Ardeola ralloides), adulte à l'envol, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal. Cette photo suffit pour justifier l'épithète de "chevelu", avec ce hérissement de la crète qui descend bas sur le cou! On s'aperçoit aussi dés l'envol que cet oiseau est en fait bicolore, avec des ailes et une queue toutes blanches, qui lui donnent alors un aspect typique, et un profil immanquable!
Spatules d'Afrique (African spoonbills, Platalea alba), adultes se nourrissant au milieu d'autres oiseaux aquatiques, Shinde, Botswana.Spatules d'Afrique (African spoonbills, Platalea alba), adultes se nourrissant au milieu d'autres oiseaux aquatiques, Shinde, Botswana. Contrairement à la Spatule blanche qui, en Afrique, est surtout un migrant paléarctique (glossaire) observé pendant l'hiver Européen dans la moitié Nord du continent, la Spatule d'Afrique ne s'observe qu'en Afrique sub-saharienne, où elle se reproduit. Elle se distingue de la précédente par des pattes, un bec, et une plage de peau faciale rouges. Sur cette photo on distingue également 1 Grande aigrette (bec jaune) et 2 Aigrettes garzettes (bec noir)..
Spatules d'Afrique (African spoonbill, Platalea alba), adultes se nourrissant au milieu d'oiseaux aquatiques de 5 autres espèces , Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Spatules d'Afrique (African spoonbill, Platalea alba), adultes se nourrissant au milieu d'oiseaux aquatiques de 5 autres espèces , Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Dans cette zone humide peu profonde et très attractive si l'on en croit les 22 espèces d'aquatiques que nous y avons observées en 1 heure, ce cliché permet d'identifier outre les 8 Spatules d'Afrique 5 Aigrettes garzette, 2 Grandes aigrettes, 5 Jacanas à poitrine dorée, 1 Tantale ibis (de dos) et un Dendrocygne veuf juvénile.

Parmi les grands Echassiers, une dénomination qui ne fait plus partie de la nomenclature taxinomique moderne, mais qui reste très parlante, 2 espèces de la famille des Ciconiidés, 12 Marabouts d’Afrique et 1 Bec-croisé Africain, et 1 de Gruidé : 4 rares Grues caronculées.

Parmi les Rallidés, étonnamement apparentés aux Gruidés, sur la base des études de leur ADN, puisque tous deux familles appartiennent au même ordre des Gruiformes , 1 Talève d’Afrique.

Parmi les Anatidae, l’une des familles de l’ordre de Ansériformes,5 Ouettes d’Egypte (1 couple avec 3 juvéniles),1 Oie-armée de Gambie,9 Anserelles naines, et 3 Dendrocygnes fauves.

Représentant les Podicipédidés, seule famille de l‘ordre des Podicipédiformes, 2 Grèbes castagneux , espèce que nous rencontrons si souvent en France, mais qui occupe aussi toute l’Afrique et toute l’Asie.

Marabout d'Afrique (Marabou stork, Leptoptilos crumenifer), adulte étirant son aile, Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana.Marabout d'Afrique (Marabou stork, Leptoptilos crumenifer), adulte étirant son aile, Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana. C'est au cours de notre excursion nautique sur le Magweggana spillway que nous avons rencontré un groupe de 12 Marabouts perchés sur une dizaine de buissons partiellement immergés, d'une façon qui nous a fait penser au départ à une colonie reproductrice. Cependant nous n'avons observé aucun nid. Peut-être se préparaient-ils à les construire. Les Marabouts sont des oiseaux particulièrement disgracieux. On voit bien ici la poche gulaire (glossaire), pour l'instant vide.
Bec-ouvert africain (African openbill, Anastomus lamelligerus), adulte nuptial se préparant à avaler un mollusque qu'il vient de pêcher, BotswanaBec-ouvert africain (African openbill, Anastomus lamelligerus), adulte nuptial se préparant à avaler un mollusque qu'il vient de pêcher, Botswana Les Bec-ouverts se nourrissent principalement de mollusques aquatiques type escargot d'eau douce et bivalves, dont la morphologie très particulière de leur bec permet facilement d'extraire l'animal de sa coquille.
Grue caronculée adulte (Wattled crane, Grus carunculata), Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana.Grue caronculée adulte (Wattled crane, Grus carunculata), Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana. La Grue caronculée est la plus grande grue d'Afrique (175 cm de haut, jusque 260 cm d'envergure). On n'en compte plus qu'environ 8000 individus, dont seulement 2000 en Afrique australe. Elle est classée "vulnérable" du fait de la diminution régulière des zones humides nécessaires à sa survie, et de son faible taux de reproduction.
Talève d'Afrique (African swamphen, Porphyrio madagascariensis), envol d'un adulte, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal.Talève d'Afrique (African swamphen, Porphyrio madagascariensis), envol d'un adulte, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal. Comme le montre cette photo prise au Sénégal, la Talève d'Afrique est un bel oiseau de par le contraste entre le bleu sombre de son plumage (souvent plus marqué qu'il n'apparait sur ce cliché), le rouge vif de son bec et de ses pattes, et le blanc de ses plumes sous-caudales. On l'a longtemps considérée comme une simple sous-espèce de la Talève sultane, espèce qui occupe le Sud de l'Europe, y compris de la France. Jusqu'à ce que des études génétiques objectivent suffisamment de différences entre leurs gènes pour que la Talève d'Afrique soit promue au statut d'espèce à part entière.
Ouettes d'Egypte (Egyptian goose, Apolochen aegyptiaca), couple adulte encadrant ses 3 petits, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Ouettes d'Egypte (Egyptian goose, Apolochen aegyptiaca), couple adulte encadrant ses 3 petits, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. L'Ouette d'Egypte est l'un des anatidés les plus répandus en Afrique, particulièrement australe. Du fait de sa robustesse, elle s'est adaptée au froid et résiste même au gel. Elle a envahi l'Europe, dont la France où elle entre en compétition avec les anatidés locaux, et est aujourd'hui considérée comme une espèce invasive.
Oie-armée de Gambie (Spur-winged goose, Plectropterus gambensis), adulte au vol, Delta de l'Okavango, Shinde, Botswana.Oie-armée de Gambie (Spur-winged goose, Plectropterus gambensis), adulte au vol, Delta de l'Okavango, Shinde, Botswana. Cette oie-armée était a priori un mâle selon son bulbe frontal bien marqué , alors qu'il est absent ou peu marqué chez la femelle. L'éperon qui lui vaut son nom d' oie-"armèe" est bien visible sur la photo, au niveau du poignet de l'aile gauche. Il existe bien sur sur chaque aile.
Anserelle naine (African pygmy goose, Nettapus auritus), mâle adulte, Jao island, Delta de l'Okavango, Botswana.Anserelle naine (African pygmy goose, Nettapus auritus), mâle adulte, Jao island, Delta de l'Okavango, Botswana. Cette oie naine (en moyenne 34 cm et 280g) est un petit oiseau superbe. Les photos que nous en avions prises à Shinde n'étaient pas extra, et je leur en ai substitué d'autres également prises dans le delta de l'Okavango, mais en 2015, près de l'ile de Jao. L'Anserelle naine se nourrit principalement de de fleurs et de graines de nénuphars, et sa présence est conditionnée par celle de cette jolie plante trés répandue dans les marais du Botswana.
Anserelle naine (African pygmy goose, Nettapus auritus), femelle adulte, Jao island, Delta de l'Okavango, Botswana.Anserelle naine (African pygmy goose, Nettapus auritus), femelle adulte, Jao island, Delta de l'Okavango, Botswana. Et voici cette fois la femelle, également en 2015 près de l'ile de Jao. Très jolie aussi, bien que moins colorée. Le blanc de la face est moins éclatant que chez le mâle, car marqué de gris brun, et on ne retrouve pas chez elle sur la fae postérieure du cou la tâche vert citron bordée de noir qui fait aussi le charme du mâle!
Dendrocygnes fauves (Dendrocygna bicolor, Fulvous whistling duck), envol de deux adultes, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal.Dendrocygnes fauves (Dendrocygna bicolor, Fulvous whistling duck), envol de deux adultes, Parc National des Oiseaux du Djoudj, Sénégal. C'est également lors de leur envol que nous avons observé 2 Dendrocygnes fauves dans la concession de Shinde. Les Dendrocygnes (littéralement "Cygnes d'arbre", du fait de l'aptitude de certaines de leurs 8 espèces à se percher dans les arbres) sont une famille de canards exotiques à cou relativement long, qui s'expriment par des sifflements (aussi souvent appelés pour cette raison canards siffleurs).

Enfin faisant partie de l’ordre des Charadriiformes et ses 19 familles, particulièrement représenté parmi les espèces aquatiques puisqu’il regroupe une grande partie des espèces qu’on qualifiait dans les classifications taxonomiques antérieures d’échassiers (oiseaux caractérisés par des pattes longues et fines leur permettant de se déplacer dans l’eau) et de limicoles (oiseaux cherchant leur nourriture dans le limon, c’est-à-dire la boue) :

-4 espèces de Scolopacidés (Chevaliers, Bécasseaux etc …..): 1 Chevalier aboyeur, 1 Chevalier guignette, 2 plus rares Chevaliers stagnatile, et 11 Combattants variés.

-1 espèce de Recurvirostridé, (famille des oiseaux à bec retroussé vers le haut comme l’Avocette) : 14 Echasses blanches, dont 2 juvéniles

-3 espèces de Charadriidés,4 Vanneaux à ailes blanches (photo dans Chobe), 6 Vanneaux armés et 2 Vanneaux du Sénégal..

- 8 Jacanas à poitrine dorée (famille des Jacanidés)

- 2 espèces de Glaréolidés, la Glaréole à collier et le Courvite de Temminck,

- Enfin 1 espèce de Laridé (Goèlands, mouettes, Sternes et Guifettes) : 5 Guifettes moustac.

Chevalier aboyeur (Common greenshank, Tringa nebularia), adulte internuptial, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana..Chevalier aboyeur (Common greenshank, Tringa nebularia), adulte internuptial, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.. Au Botswana, le Chevalier aboyeur est un migrant paléarctique assez commun. On peut l'y observer de Septembre à Mars, après quoi il rejoint l'Europe pour s'y reproduire. La première impression est celle d'un limicole de taille moyenne (longueur moyenne 32 cm), frappant de loin par son dessous très clair, avec de longues pattes verdâtres, et surtout, élément le plus spécifique, un long bec légèrement retroussé. Ce chevalier est très bruyant à l'envol, ce qui lui vaut son nom d'aboyeur. Son cri rappelle celui du Chevalier gambette.
Vanneau armé adulte (Blacksmith lapwing, Vanellus armatus), Magweggana spillway, Botswana.Vanneau armé adulte (Blacksmith lapwing, Vanellus armatus), Magweggana spillway, Botswana. Le plus commun des 8 Vanneaux qu'on peut observer au Botswana. C'est probablement sa face noire qui lui a valu son nom Anglais de "Blacksmith", ce qui signifie forgeron! Souvent rencontré en groupe.
Vanneau du Sénégal (African wattled lapwing, Vanellus Senegallus), adulte sur la berge du Magweggana spillway, North-west district, Botswana.Vanneau du Sénégal (African wattled lapwing, Vanellus Senegallus), adulte sur la berge du Magweggana spillway, North-west district, Botswana. Comme le Vanneau armé, c'est surtout sur les berges du Magweggana spillway que nous avons observé le Vanneau du Sénégal, un oiseau spectaculaire du fait de son masque rouge et blanc, et de ses caroncules jaunes. Inféodé aux zones tant soit peu humides comme le vanneau armé.
Jacana à poitrine dorée adulte(African jacana, Actophilornis Africanus), Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana.Jacana à poitrine dorée adulte(African jacana, Actophilornis Africanus), Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana. Encore un oiseau particulièrement observé sur le Magweggana spillway que ce Jacana à poitrine dorée. A noter le déploiement de ses immenses doigts, lui permettant d'élargir considérablement sa zone de sustentation, et de pouvoir ainsi marcher sinon sur l'eau, au moins sans autre support que les plantes flottantes.
Glaréole à collier adulte (Collared pratincole, Glareola pratincola), Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana.Glaréole à collier adulte (Collared pratincole, Glareola pratincola), Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana. Les Glaréolidés sont des Charadriiformes atypiques puisque cet ordre regroupe essentiellement des espèces qu'on qualifiait par le passé d'échassiers ou de limicoles, soit des oiseaux à longues pattes vivant dans des zones humides dans le limon (= la boue) desquelles ils trouvent leur nourriture. Or les Glaréoles ont des pattes plutôt courtes, ressemblent au vol à des sternes, vivent souvent dans des zones humides mais aussi parfois dans des zones arides, et se nourrissent essentiellement d'insectes capturés au vol! Ce sont les études de leurs gènes qui ont permis de les rattacher aux Charadriiformes dont leur famille a dérivé dans le passé.
Courvite de Temminck (Temminck's courser, Cursorius temminckii), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Courvite de Temminck (Temminck's courser, Cursorius temminckii), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Au sein des Glaréolidés, la sous-famille de Courvites (Cursoriiné) est encore plus atypique. Ils vivent en effet presque toujours dans des zones arides dans lesquelles ils ont la particularité d'attraper en courant les insectes dont ils se nourrissent, d'où leur nom. Le Courvite de Temminck est le plus abondant des Courvites Africains. et le seul qu'on peut parfois observer dans des zones moins arides, comme ici sur une surface herbacée.

En ce qui concerne les RAPACES, nous en avons observé 8 espèces, dont 4 représentées ci-dessous. Toutes étaient diurnes et appartenaient à l’ordre des Accipitriformes, dont 7 membres de leur famille prédominante (les Accipitridés):

La dernière espèce, la plus intéressante, était le seul représentant de la famille des Sagittariidés : le Messager sagittaire.

Bateleurs des savanes (Bateleur, Theratopius ecaudatus), couple perché, Queen Elisabeth National Park, Ouganda.Bateleurs des savanes (Bateleur, Theratopius ecaudatus), couple perché, Queen Elisabeth National Park, Ouganda. Deux des 3 Bateleurs que nous avons observés à Shinde étaient les partenaires d'un couple planant en grandes orbes au dessus de la savane, à la recherche d'une proie. Ils étaient trop distants pour en obtenir des clichés corrects. J'ai donc utilisé des clichés antérieurs pour illustrer cette belle espèce. Ici un autre couple adulte, vu en Ouganda. La femelle à gauche, plus grosse que le mâle comme souvent chez les rapaces, présentant un panneau gris clair caractéristique sur les rémiges secondaires, le même panneau étant noir chez le mâle.
Bateleur des savanes (Bateleur, Terathopius ecaudatus), femelle adulte au vol, vue de dessous, Xigera, Delta de l'Okavango, Botswana.Bateleur des savanes (Bateleur, Terathopius ecaudatus), femelle adulte au vol, vue de dessous, Xigera, Delta de l'Okavango, Botswana. Voici cette fois de dessous une femelle qui plane, telle que nous l'avons observée à Shinde. Bien que j'aie en fait pris cette photo en 2008 à Xijera, un autre camp du Delta. Le dessin de l'aile est typique de la femelle, dessous essentiellement blanc, à l'exception d'un mince trait noir tout au long du bord de fuite. Notez aussi la queue très courte, typique du Bateleur. En le privant d'une partie l'appui sur l'air habituel aux grands oiseaux, elle explique l'équilibre apparemment instable de son vol, dont l'appui bascule sans cesse d'une aile sur l'autre.
Bateleur des savanes (Bateleur, Theratopius ecaudatus), mâle adulte au vol vu de dessous, Xigera, Delta de l'Okavango, Botswana. Bateleur des savanes (Bateleur, Theratopius ecaudatus), mâle adulte au vol vu de dessous, Xigera, Delta de l'Okavango, Botswana. Toujours à Xigera, voici cette fois le mâle, dont le dessin du dessous des ailes est également caractéristique du genre: la face inférieure des rémiges secondaires est entièrement noires, au lieu d'être blanc-argenté comme chez la femelle. Il faut souligner que malgré son plané semblant souvent un peu instable, le Bateleur est un remarquable voilier comme en témoignent ses acrobaties spectaculaires au cours de la parade nuptiale. Lesquelles lui ont valu son nom de "Bateleur", par analogie avec les performances acrobatiques des bateleurs de foires.
Circaète brun (Brown snake eagle, Circaetus cinereus), juvénile scrutant une proie depuis son perchoir, Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana.Circaète brun (Brown snake eagle, Circaetus cinereus), juvénile scrutant une proie depuis son perchoir, Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana. Et revoici un Circaète brun, variété de serpentaire déjà observée à Chobe. Mais cette fois il s'agit d'un juvénile selon les nombreuses plumes blanches tachetant son dessous, ainsi que les marques blanc-gris de la tête. On remarque aussi les autres caractéristiques de l'espèce: grosse tête, aspect renforcé par la huppe, pattes et cire (glossaire) grises, bec noir, et surtout yeux jaune clair. Seule la queue barrée n'est pas visible sur cette photo.
Circaète brun (Brown snake eagle, Circaetus cinereus), juvénile volant  vers une proie qu'il vient de repérer, Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana..Circaète brun (Brown snake eagle, Circaetus cinereus), juvénile volant vers une proie qu'il vient de repérer, Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana.. Après quelques minutes d'observation, le jeune Circaète brun s'envola dans la direction de sa proie potentielle. Ceci nous permit d'observer une autre caractéristique de l'espèce, la couleur argentée de la face inférieure des rémiges, qu'on peut distinguer sur cette photo à l'arrière de l'aile droite, vue de dessous. On distingue aussi sur la photo l'alternance de barres sombres et claires au niveau de la queue, autre critère caractéristique. Le Circaète manqua sa proie, un oiseau relativement petit posé sur le sol, mais il nous avait permis d'observer une belle action!
Circaète brun (Brown snake-eagle, Circaetus cinereus), envol d'un adulte, Brousse de Somone, Sénégal.Circaète brun (Brown snake-eagle, Circaetus cinereus), envol d'un adulte, Brousse de Somone, Sénégal. Ce cliché pris au Sénégal où les Circaètes bruns sont aussi assez abondants illustre de façon plus lisible le profil caractéristique de cette espèce au vol, lorsqu'elle est vue par dessous: un corps brun avec une queue fortement barrée de clair, et des rémiges très claires, semblant presque translucides, et contrastant très fortement avec les couvertures sous-alaires sombres.
Milan à bec jaune adulte (Yellow-billed kite, Milvus aegyptius), Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana.Milan à bec jaune adulte (Yellow-billed kite, Milvus aegyptius), Shinde concession, Delta de l'Okavango, Botswana. Le milan à bec jaune est un cousin très proche du Milan noir dont nous avons publié une photo dans la section Chobe. Initialement classé sous-espèce de ce Milan noir, il a fallu attendre les résultats d'études génétiques pointues pour lui découvrir des différences plus significatives, et le promouvoir au grade d'espèce à part entière. A noter que la cire (glossaire) du Milan noir est également jaune, seul son court bec étant noir. Chez le milan à bec jaune, cire et bec sont tous deux jaunes.
Messager sagittaire adulte (Secretary bird, Sagittarius serpentarius), Shinde , Delta de l'Okavango, Botswana.Messager sagittaire adulte (Secretary bird, Sagittarius serpentarius), Shinde , Delta de l'Okavango, Botswana. Le messager sagittaire est un rapace tout à fait à part: par sa morphologie, grand oiseau altier et dégingandé, dressé sur se hautes pattes; aussi par sa technique de chasse des serpents, autres reptiles et petits mammifères: essentiellement terrestre. Il parcourt son terrain de chasse à grandes enjambées, court lorsqu'il a repéré une proie, et la tue à grands coups de talon, ou de bec. C'était une heureuse rencontre à Shinde, où il n'est pas commun.
Messager sagittaire (Secretary bird, Sagittarius serpentarius) venant de tuer un lézard, Kgalagadi Transfrontier Park, Kalahari, Afrique du sud.Messager sagittaire (Secretary bird, Sagittarius serpentarius) venant de tuer un lézard, Kgalagadi Transfrontier Park, Kalahari, Afrique du sud. Illustration du mot final d'une action de chasse de ce grand dans le désert du Kalahari, où cet oiseau est plus souvent observé. Pour plus de photos sur cette action de chasse, et plus globalement sur cet oiseau, voir ma galerie sur le site d'Oiseaux. net (www.oiseaux.net, Jacques Buvat, sélectionnez la lettre M sur l'échelle proposée, et déroulez les vignettes jusque Messager sagittaire).

En ce qui concerne l’ordre des PASSERIFORMES (Passereaux), nous en avons observé 26 espèces appartenant à 15 familles. Elles sont présentées ci-dessous par ordre alphabétique des noms français des familles. Seize de ces espèces sont représentées par au moins 1 photo (nom de l’espèce alors souligné). Les chiffres précédant l’espèce indiquent le nombre d’individus observés. Que le chiffre soit suivi de + signifie qu’au moins ce chiffre, mais peut-être plus ont été vus.

En ce qui concerne les Alouettes (Alaudidae), 2 Alouettes cendrille, 8 Alouettes à nuque rousse et 3 Alouettes de Hewitt. En ce qui concerne les Bulbuls (Pycnonotidae), 21+ Bulbuls tricolores, espèce déjà largement représentée à Chobe. En matière de Choucadors (Sturnidae = Etourneaux) : 1 Choucador à oreillons bleus et 2 Choucadors de Meves, Dans le groupe si difficile à identifier des Cisticolidae, 11+ Cisticoles grinçantes, déjà largement observées à Chobe et 1+ plus rare Cisticole pépiante. En matière de Cratéropes (Leiotrichidae), un Cratérope de Hartlaub,

Alouette cendrille (Red-capped  lark, Calandrella cinerea), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Alouette cendrille (Red-capped lark, Calandrella cinerea), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Cette alouette du genre Calandrella est un petit oiseau (15 cm de longueur) au bec court et noir. Elle tire son charme de sa calotte et ses épaulettes roux vif, ces attributs étant plus marqués chez le mâle. C'est un oiseau relativement commun en Afrique Australe, grégaire, et qui fréquente les savanes à herbe courte.
Alouette à nuque rousse (Rufous-naped lark, Mirafra africana), mâle adulte sur son perchoir, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Alouette à nuque rousse (Rufous-naped lark, Mirafra africana), mâle adulte sur son perchoir, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. La plus courante des grosses alouettes (15 à 18 cm) observée dans les savanes et les prairies d'Afrique Australe et de l'Est, pour peu qu'elles comportent assez de perchoirs surélevés pour les mâles. Elle est caractérisée par une petite huppe érectile, une nuque rousse, la calotte étant par contre brune, un panneau roux sur l'aile, au niveau de la main, et un bec relativement long, et légèrement incurvé vers le bas à son extrémité (huppe et bec sont bien visible sur cette photo).
Alouette à nuque rousse (Red-naped lark, Mirafra africana), mâle chantant depuis son perchoir , Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Alouette à nuque rousse (Red-naped lark, Mirafra africana), mâle chantant depuis son perchoir , Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Le mâle de l'Alouette à nuque rousse est un élément typique de l'ambiance sonore des savanes humides africaines. Perché en haut d'un buisson, d'une termitière, ou d'un simple piquet, il égrène inlassablement les 3 notes de son chant, entrecoupé de vols de parade désordonnés ou plus simplement de brefs épisodes de vibration rapide des ailes;
Choucador de Meves adulte (Meves' starling, Lamprotornis mevesii) déambulant dans le Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana.Choucador de Meves adulte (Meves' starling, Lamprotornis mevesii) déambulant dans le Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana. La caractéristique de ce beau choucador au plumage bleu nuit brillant est sa queue, particulièrement longue et étagée en ce qui concerne la longueur des plumes qui la composent. Parmi les Choucadors d' Afrique Australe, c'est celui qui a la plus longue queue. Elle dépasse même celle du Choucador de Burchell (Lamprotornis australis) qui, par contre, est nettement plus gros, en moyenne 120g contre 80g pour le Meves, pour des longueurs comparables, 32 cm pour le Burchell contre 34 pour le Meves. Ce qui se traduit au premier coup d'œil sur la silhouette de ces deux oiseaux.
Cisticole grinçante (Rattling cisticola, Cisticola chiniana), adulte perché sur une tige de papyrus, Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana.Cisticole grinçante (Rattling cisticola, Cisticola chiniana), adulte perché sur une tige de papyrus, Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana. La plus répandue des cisticoles d'Afrique australe, et parmi les plus grandes. C'est plus par son chant que par son aspect qu'on l'identifie. Aspect général chamois riche (dessous) et roux atténué (calotte, queue, et limites des primaires), pas de sourcil net, dos strié, dessous de la queue fortement rayé, avec une bande terminale noire.
Cisticole pépiante (Chirping cisticola, cisticola pepiens), Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana.Cisticole pépiante (Chirping cisticola, cisticola pepiens), Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana. Encore une cisticole plus facile à identifier par son chant que par son aspect. Cisticole de taille moyenne à dos fortement rayé, couronne rousse, dessous chamois pâle, dessous de la queue fortement rayé.

En ce qui concerne les Estrilidés, nous avons identifié 2 Amarantes de Jameson, principalement distingués des Amarantes du Sénégal par leur bec entièrement gris bleu, et que nous ne sommes pas parvenus à photographier , 1+ Amarante du Sénégal typique, 20 + Amarantes du Sénégal atypiques du fait de la coloration gris noir de leur mandibule supérieure , et 11+ Amarantes nitidule, oiseau beaucoup plus terne, ressemblant à la femelle de l’Amarante du Sénégal, et dont nous ne sommes pas non plus parvenus à obtenir de photo correcte. La plupart des Amarantes vues se laissaient difficilement approcher, et cherchaient leur nourriture au sol, au milieu d’herbes qui gênaient leur visualisation.

Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, lagonosticta senegala), mâle adulte typique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, lagonosticta senegala), mâle adulte typique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Nous avons vu à Shinde au moins une Amarante du Sénégal typique, sous la forme de ce mâle adulte. Sa photo un peu floue permet tout de même d'observer qu'il répond à quasiment tous les critères d'identification exigés par les guides ornithologiques classiques: face et dessous (poitrine et ventre) roses ou rouges, y compris les 2 mandibules du bec qui porte toutefois souvent des stries noires sur l'une et/ou l'autre de ses arêtes et marges (non visible ici), croupion et couvertures sus-caudales également rouges, tandis que le bas-ventre est brun-chamois, comme le dessus (calotte, nuque, manteau et ailes), plus ou moins lavé de rouge. Seules les petites tâches jaunâtres de la poitrine sont difficiles à distinguer.
Amarantes_du_Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala ssp senegala), couple adulte typique, jardin de la Saga, Somone, Région de Thiès, Sénégal.Amarantes_du_Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala ssp senegala), couple adulte typique, jardin de la Saga, Somone, Région de Thiès, Sénégal. Cette photo de meilleure qualité, prise dans mon jardin au Sénégal, permet de mieux apprécier certains détails de la morphologie d'un mâle dragueur de la sous-espèce senegala. On y voir aussi une femelle qu'il est parvenu à attirer en agitant une tige de graminée (comportement fréquent chez cette espèce), suggérant qu'il est prêt à lui construire un nid (donc, du sérieux!). D'autres photos de cet épisode de drague peuvent être trouvées via le moteur de recherche du site (y inscrire le nom de l'espèce). On voit de nouveau un bec entièrement rose, ainsi que les petites tâches crème sur la poitrine. La proximité du mâle et de la femelle souligne le dimorphisme sexuel chez cette espèce: la femelle est presque entièrement brun chamois ( un peu plus clair dessous), à l'exception du bec rose, des lores (glossaire), du croupion, et des couvertures sous-caudales qui sont rouges.
Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala), mâle  adulte atypique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7423.Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala), mâle adulte atypique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7423. Mais la plupart des Amarantes que nous avons observées à Shinde différaient de la description classique de cette espèce par la couleur gris sombre de leur mandibule supérieure. A tel point qu'ayant vu d'abord plusieurs individus de face, dont la mandibule supérieure cachait l'inférieure du fait de la vue plongeante que nous en avions depuis la voiture, j'ai cru me trouver face à des Amarantes de Jameson (Jameson's firefinch, Lagonosticta rhodopareia), une autre espèce d'Amarante (il en existe au moins 9!) dont nous n'avons observé que 2 individus à Shinde, et qui ressemble à l'Amarante du Sénégal, ne s'en différenciant essentiellement que par la couleur gris sombre des DEUX mandibules. Ceci implique une courte discussion taxinomique (glossaire) qui risque de n'intéresser que les ornithologues (et encore!)
Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala) mâle atypique de profil, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7423Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala) mâle atypique de profil, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7423 Mais comme cette photo l'illustre, les clichés de profil que j'obtenais de ces Amarantes atypiques montraient toutes que seule la mandibule supérieure avait cette couleur gris sombre, la mandibule inférieure apparaissant tout à fait rose.
Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala), femelle adulte atypique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7445Amarante du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala), femelle adulte atypique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7445 Ce bec bicolore atypique était aussi observé chez les femelles qui accompagnaient les mâles sus-décrits: de nouveau mandibule supérieure grise, et inférieure rose. On peut par ailleurs constater que, comme chez les mâles, tous les autres critères morphologiques sont identiques à ceux de l'Amarante du Sénégal classique, ce qui confirme, s'il en était besoin, que ces oiseaux n'étaient pas des Amarantes de Jameson. Dans cette dernière espèce, la femelle a un dessous plus coloré, orange-rouge dans la forme nominate (glossaire), ou rosâtre dans la sous-espèce jamesoni qu'on trouve au Botswana (comme la sous-espèce senegala). De plus, dans les 2 sexes les plumes du bas ventre et les couvertures sous caudales sont noirâtres. (ref dans Birds of the world), ce qui n'est pas le cas ici.
Amarantes du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala), couple atypique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7361Amarantes du Sénégal (Red-billed firefinch, Lagonosticta senegala), couple atypique, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana-7361 On retrouve chez chacune de ces 2 autres Amarantes la mandibule supérieure sombre (gris bleu chez la femelle et presque noire chez le mâle) qui, seule, tranche avec la description classique de l'Amarante du Sénégal dont tous les autres traits sont présents. Après de longues recherches dans diverses sources dont les sites de Oiseaux.net et de Birds of the world du Cornell lab of ornithology, le phénotype de ces oiseaux ne correspond à aucune des 6 sous-espèces de l'Amarante du Sénégal, dont senegala, la sous-espèce "nominate" (référence), et rendalli, la sous-espèce la plus spécifiquement observée au niveau du delta de l'Okavango: leur bec est toujours décrit entièrement rouge ou rose, hormis la possibilité d'arêtes et de bords noirs. Il ne répond pas plus à celui des 8 autres espèces d'Amarantes: l'Amarante à ventre noir (Black-bellied firefinch, Lagonosticta rara) a bien le même bec bicolore, mais son bas-ventre et sa région sous-caudale sont d'un noir profond, ce qui n'est manifestement pas le cas de nos oiseaux. De plus sa distribution se situe beaucoup plus au Nord que le Botswana. Deux autres Estrilidés ont aussi un bec bicolore du type de celui de nos Amarantes (l'Astrild à ventre jaune, Yellow-bellied waxbill, Coccopygia quartinia, et l'Astrild à joues noires, Swee waxbill, Coccopygia melanotis), mais le reste de leur phenotype est inconfondable avec celui de l'Amarante du Sénégal. La possibilité d'un tel bec bicolore chez l'Amarante du Sénégal mériterait donc d'être mentionnée dans les guides ornithologiques.

Nous avons par ailleurs identifié 1 espèce d’hirondelle (Hirundinidae) sous la forme d’1 Hirondelle à croupion gris. 1 espèce de Muscicapidae (Gobemouches) sous la forme de 7+ Tariers africains, 3 espèces de Gonoleks et apparentés (Malaconotidae): 1 Gonolek à ventre blanc, espèce déjà vue à Chobe , 1 Gonolek rouge et noir, et 1 Tchagra à tête noire, et 3 espèces de Pie-grièches (Laniidae), apparentées aux Malaconotidae : 2 Corvinelles noir et blanc, 2Pie-grièches à poitrine rose, et 2 Pie-grièches écorcheur,

Hirondelle à croupion gris (Grey-rumped swallow, Pseudhirundo griseopyga), adulte perché sur un roseau, Magweggana spillway,  Delta de l'Okavango, Botswana.Hirondelle à croupion gris (Grey-rumped swallow, Pseudhirundo griseopyga), adulte perché sur un roseau, Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana. Une petite hirondelle (longueur 14 cm, surtout du fait de la queue longue et très échancrée), élancée et plutôt terne, à dos bleu sombre, croupion gris pâle et dessous pâle, calotte et nuque grises, bandeau plus sombre entourant les yeux, et sourcil chamois séparant ces 2 zones. L'hirondelle de fenêtre (Common house martin, Delichon urbicum) a aussi un croupion gris mais plus pâle, et est plus rondelette, avec une queue beaucoup plus courte. Présente dans de nombreuses zones de l'Afrique sub-saharienne, particulièrement dans le quart Nord-Est de l'Afrique australe. Très grégaire. Peut constituer des dortoirs de plusieurs milliers d'individus dans les roselières.
Gonolek rouge et noir (Crimson-breasted shrike, Lanius atrococcineus), adulte tenant dans son bec une guêpe, Madikwe Game Reserve, Province du Nord-Ouest, Afrique du sud.Gonolek rouge et noir (Crimson-breasted shrike, Lanius atrococcineus), adulte tenant dans son bec une guêpe, Madikwe Game Reserve, Province du Nord-Ouest, Afrique du sud. Nous n'avons malheureusement vu qu'un seul Gonolek rouge et noir à Shinde, et faute d'être parvenu à le photographier, j'ai choisi cette photo d'un congénère prise en 2015 dans la Réserve de Madikwe, très proche de la frontière avec le Botswana. La famille des Malaconotidae, comprenant surtout des Gonoleks, est proche de celle des Laniidés, c'est à dire des Pie-grièches. La beauté du Gonolek rouge et noir réside particulièrement dans le magnifique rouge "crimson" de son dessous. Cet oiseau n'est pas très farouche, mais insaisissable, toujours en mouvement, semblant vous narguer malicieusement. Celui-ci tient dans son bec une guêpe ou un autre hyménoptère qu'il vient d'attraper et va avaler.
Tchagra à tête noire (Black-crowned tchagra, Tchagra senegalus), adulte chantant au sommet d'un acacia, Brousse de Somone, Région de Thiès, Sénégal.Tchagra à tête noire (Black-crowned tchagra, Tchagra senegalus), adulte chantant au sommet d'un acacia, Brousse de Somone, Région de Thiès, Sénégal. C'est son chant mélancolique caractéristique qui nous a révélé la présence de ce Tchagra. Mais à peine aperçu il s'enfuit et j'ai de nouveau du puiser dans mes clichés antérieurs pour illustrer sa présence. Cet oiseau de taille moyenne (20 cm) peut être observé presque partout en Afrique. Sont marquants chez lui, outre son chant, également souvent émis au cours d'un vol nuptial descendant, ses ailes roux vif, sa calotte noire et son trait noir trans-orbitaire délimitant un sourcil blanc épais.
Corvinelles noir et blanc (Magpie shrike, Urolestes melanoleucus), femelles adultes, Hwanghe National Park, Zimbabwe.Corvinelles noir et blanc (Magpie shrike, Urolestes melanoleucus), femelles adultes, Hwanghe National Park, Zimbabwe. Il s'agit d'une Pie-griècehe répandue dans les 2/3 Sud de l'Afrique Australe. Elle est caractérisée par les 2 couleurs qui lui ont donné son nom, parmi lesquelles le noir prédomine, et par sa queue très longue et souple, flottant au vent. On la rencontre souvent en groupes de 5 à plus de 10. Nous l'avons aussi observée en Afrique du Sud et au Zimbabwe, et c'est une photo pris dans ce dernier pays que j'ai choisie pour la représenter, car la plus typique de mon "stock". Le Parc de Hwanghe se situe très prés de la frontière avec le Botswana .Les tâches blanches sur les flancs suggèrent qu'il s'agissait de 2 femelles.
Pie-grièche à poitrine rose  (Lesser grey shrike, Lanius minor), adulte sur son poste de guet, Shinde,, Delta de l'Okavango, Botswana.Pie-grièche à poitrine rose (Lesser grey shrike, Lanius minor), adulte sur son poste de guet, Shinde,, Delta de l'Okavango, Botswana. La jolie Pie-grièche à poitrine rose qu'on observe en Afrique australe d'Octobre à Avril est un migrant paléarctique (glossaire) qui réapparait en Europe où elle se reproduit à partir du mois de Mai. La poitrine n'est rose que chez le mâle, et cette couleur peu marquée peut être difficile à distinguer, facilitant la confusion avec la Pie-grièche grise. Son trait le plus caractéristique est le large bandeau noir qui, chez l'adulte, barre le front et englobe les yeux. En France, avec seulement 10 couples en 2015, 8 en 2016, et 5 en 2017, cette espèce est en voie d'extinction. Probablement en grande part du fait de la disparition des gros insectes dont elle se nourrit, liée à l'usage des pesticides.
Pie-grièche écorcheur (Red-backed shrike, Lanius collurio), mâle adulte chantant, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Pie-grièche écorcheur (Red-backed shrike, Lanius collurio), mâle adulte chantant, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Comme la Pie-grièche à poitrine rose, la Pie-grièche écorcheur, que nous avons aussi observée à Chobe, est un migrant paléarctique qui retourne se reproduire en Europe à partir du mois de Mai. Cet oiseau est célèbre du fait de l'habitude de certains individus d'empaler sur des épines les insectes qu'ils capturent afin de s'en faire un garde-manger. On peut l'observer dans presque toute l'Europe, dont la France, bien que sa population y diminue, probablement sous l'effet de l'usage immodéré de pesticides qui la prive des insectes qu'elle consomme. Le plumage de la femelle est beaucoup plus discret, avec un dessous clair et chevronné, mais elle a comme le mâle un manteau et des couvertures alaires rousses qui valent à cette espèce son nom Anglais de Pie-grièche à dos rouge..

Parmi les autres Passeriformes, nous avons encore vu 2 moineaux Sud-Africains (Passeridae), 2 Piquebœufs à bec rouge (Buphagidae) perchés comme un Héron Cendré sur la tête d’un hippopotame (voir photo plus haut) , et 2 espèces de la famille des Tisserins (Ploceidae) : 7+ Euplectes à épaules orangées, et 2 Tisserins safran. Enfin 1 espèce de Souimanga (Nectariidae), 1 Souimanga à ventre blanc, et 1 Veuve dominicaine (Viduidae).

Euplecte à épaules orangées (Fan-tailed widowbird, Euplectes axillaris), mâle  nuptial sur une fleur de papyrus fanée, Maggwegana spillway, Botswana.Euplecte à épaules orangées (Fan-tailed widowbird, Euplectes axillaris), mâle nuptial sur une fleur de papyrus fanée, Maggwegana spillway, Botswana. Nous avons observé au moins 7 mâles de cette espèce en plumage nuptial le long du Maggwegana spillway, perchés au sommet de grands papyrus d' où ils cherchaient à attirer des femelles à l'allure insignifiante, petits oiseaux bruns présentant toutefois des liserés orangés au niveau des petites couvertures alaires. Il était difficile de leur tirer le portrait , car ils tendaient à se dissimuler derrière la végétation qui les portait.
Euplecte à épaules orangées, mâle-adulte nuptial paradant, Parc National du Lac Mburo, OugandaEuplecte à épaules orangées, mâle-adulte nuptial paradant, Parc National du Lac Mburo, Ouganda Cette autre photo d'un mâle nuptial, prise cette fois en Ouganda, le montre paradant devant une cour de femelles de la façon qui lui a valu son nom anglais de (traduction littérale) "Euplecte à queue en éventail". On peut rencontrer ce bel oiseau pratiquement partout en Afrique subsaharienne, le plus souvent en groupe.
Souimanga à ventre blanc (White-bellied sunbird, Cinnyris talatala), mâle nuptial butinant, Marataba camp, Limpopo province, Afrique du SudSouimanga à ventre blanc (White-bellied sunbird, Cinnyris talatala), mâle nuptial butinant, Marataba camp, Limpopo province, Afrique du Sud Les souimangas sont les colibris ou oiseaux-mouche africains. Le seul que nous ayons vu à Shinde évoluait très haut et à contre-jour, et si ses photos permirent de l'identifier, elles n'étaient vraiment pas présentables ici. Heureusement nous avions déjà photographié l'espèces sur 2 autres sites au Nord de l'Afrique du Sud, Marataba en 2015, la section privée du Marakele National Park, prés de la frontière du Botswana, et The Outpost, le poste le plus au nord du Parc Krüger, prés de la frontière du Zimbabwe, où nous l'avons vu nicher. Le dos d'un magnifique bleu iridescent, associé à cette à une gorge violette et un ventre blanc immaculé sont typiques du mâle de cette espèce. La femelle est beaucoup plus terne. Noter le long bec arqué plongé dans une fleur dont le Souimanga aspire le nectar, un comportement qui définit la famille à laquelle il appartient, les Nectariniidés.

En ce qui concerne les AUTRES ESPECES d’oiseaux, nous en avons observé 17 représentant 6 ordres et 12 familles, dont 10 espèces (soulignées) sont représentées ci-dessous par des photos.

Parmi les Galliformes, nous avons observé 2 Pintades de Numidie (pour photo voir Chobe), 5 Francolins de Swainson et 5 Francolins à bec rouge, soit 3 espèces déjà aperçues à Chobe, mais aussi 2 Cailles des blés (Common quail, Coturnix coturnix) qui ont disparu si vite dans les grandes herbes que toute photo fut impossible ! Parmi les Columbiformes, nous avons vu 3 Colombars à front nu, le superbe Pigeon vert Africain, qui cassaient la croute prés de la salle à manger du camp, où nous prenions nous même notre petit déjeuner !

Francolin de Swainson (Swainson's spurfowl, Pternistis swainsonii), adulte perché sur un buisson, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Francolin de Swainson (Swainson's spurfowl, Pternistis swainsonii), adulte perché sur un buisson, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Une photo relativement inhabituelle car il est rare de voir un Francolin perché sur un buisson ou un arbre dans la journée. Pas de dimorphisme sexuel dans cette espèce. Les juvéniles les plus précoces peuvent voleter avant l'âge de 2 semaines.
Francolin à bec rouge adulte (Red-billed spurfowl, Pternistis adspersus),_Xigera camp, Moremi Wildlife Reserve, Botswana.Francolin à bec rouge adulte (Red-billed spurfowl, Pternistis adspersus),_Xigera camp, Moremi Wildlife Reserve, Botswana. Faute de photo prise à Shinde, cette femelle photographiée en 2008 sur un autre site du Delta de l'Okavango, la Moremi Wildlife Reserve (la grande ile du delta). Pas de dimorphisme sexuel chez les Francolins, mais ici on distingue des poussins cachés sous les herbes. Notez le dessous finement barré, le bec ET les pattes rouges, et surtout le cercle orbitaire jaune, diagnostique.
Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus), Shinde camp, Delta de l'Okavango,   Botswana.-7488Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus), Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana.-7488 Le Colombar à front nu est mieux connu sous son nom de Pigeon vert Africain. Il est assez commun dans une grande partie de l'Afrique sub-saharienne, et bien que son nombre diminue du fait de la restriction de son habitat et de la chasse, il n'est pas vraiment menacé. On peut voir ici que c'est vraiment la couleur verte qui prédomine chez lui, vert olive foncé des couvertures alaires et des flancs, vert plus jaune, caca d'oie, du cou et de la poitrine. Mais c'est surtout le bec gris clair à cire rouge corail, comme les pattes, qui est diagnostique.
Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus) , Shinde camp, Delta de l'Okavango,  Botswana-7492Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus) , Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana-7492 Sur ce cliché, on distingue cette fois le dessus du cou, gris, les cuisses jaunes, et la tâche mauve sur l'épaule formée par les petites couvertures violettes, spécifique de l'adulte. Elle serait jaune olive chez un juvénile. Le pigeon vert est donc un oiseau très coloré qui mérite d'être vu de prés.
Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus) , adulte consommant les fruits d'un Balan des savanes (Flueggea virosa), Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana-7489Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus) , adulte consommant les fruits d'un Balan des savanes (Flueggea virosa), Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana-7489 La présence du Colombar à front nu est très liée à la présence d'arbres fruitiers, particulièrement de figuiers, sur lesquels il trouve sa nourriture principale. Sur cette photo le Pigeon vert explore un Balan des savanes (Flueggea virosa) dont on le voit consommer les fruits, capsules blanchâtres très juteuses et sucrées.
Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus) dans une position acrobatique à la recherche de fruits à consommer,  Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana-7482Colombar à front nu (African green pigeon, Treron calvus) dans une position acrobatique à la recherche de fruits à consommer, Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana-7482 Comme le montre cette photo, le Colombar à front nu peut être un véritable acrobate dans sa recherche de fruits. La position de cet individu permet aussi de mieux visualiser le patch violet qui marque l'épaule des adultes.

Parmi les Psittaciformes, nous avons observé 4 Perroquets de Meyer (nous en avions aussi vu 2 à Chobe). Dans l’ordre des souvent chatoyants Coraciiformes, nous avons observé 3 membres de la famille des Alcédinidés (1 Martin-pêcheur géant, Photo Chobe), 7 Martin-chasseurs du Sénégal, Photos via le moteur de recherche = Recherche par mot-clé, dans Outils , et 4 Martin-chasseurs striès), 1 espèce de Coraciidé (2+ Rolliers à longs brins), et 2 espèces de Meropidés (2 Guêpiers à front blanc, photo Chobe et 1 guêpier nain, photo via recherche par mot-clé).

Parmi les Bucérotiformes, oiseaux au long bec souvent bizarre, en tous cas arqué, 5 Bucorves du sud, ou Calaos de terre (Bucorvidés) , dont 1 immature(nous en avions également vu 4 à Chobe), 1 jolieHuppe d’Afrique (Upupidés), et 25+ Irrisors moqueurs (Phoeniculidés, photo recherche par mot-clé) qui ont survolé en un seul groupe le Magweggana spillway sur lequel nous naviguions.

Enfin parmi les Piciformes , nous avons observé 1 Pic de Bennet (Picidés), et 2 Barbicans promepic (Lybiidés) .

Perroquet de Meyer adulte (Meyer's parrot, Poicephalus meyeri), Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana.Perroquet de Meyer adulte (Meyer's parrot, Poicephalus meyeri), Magweggana spillway, Delta de l'Okavango, Botswana. Le Perroquet de Meyer est un petit perroquet (longueur 21 à 24 cm), à la tête et au dessus bruns. Dessous et croupion sont plus colorés, d'un vert vif. Mais le trait distinctif de l'espèce est constitué par les tâches jaunes au niveau des épaules, et chez certains individus sur la calotte. Ces tâches sont spécifiques des adultes. C'est sur les roselières du Magweggana spillway que nous avons observé le groupe des 4 perroquets. Au Botswana on peut les observer dans tout le Nord et l'Est du pays.
Martin-chasseur striè de face (Striped kingfisher, Halcyon chelicuti), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Martin-chasseur striè de face (Striped kingfisher, Halcyon chelicuti), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Une photo peu "parlante" d'un oiseau plutôt terne. Mais en y regardant de plus prés, une allure de Martin-pêcheur, cousin des Martin-chasseurs, avec ce bec long et fort, dont la mandibule inférieure est rouge hormis la pointe noire et cette queue courte. On note aussi un bandeau sombre cachant les yeux, un collier clair, et des stries sombres sur la calotte et le dessous clair. Il aurait fallu une photo de profil ou de dos pour objectiver les caractères les plus évocateurs de l'espèce: panneau bleu sur l'aile, constitué par les rémiges secondaires et tertiaires, croupion et sus-caudales également bleues. On peut trouver ce type de photo sur notre site via la recherche par mot-clé (inscrire le nom de l'espèce dans la case et soumettre).
Rollier à longs brins adulte (Lilac-breasted roller, Coracias caudatus), Shinde, Delta de l'Okavango,  Botswana.Rollier à longs brins adulte (Lilac-breasted roller, Coracias caudatus), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Par son abondance et la splendeur de son plumage, le Rollier à longs brins est l'un des oiseaux les plus connus et admirés par tous ceux qui ont parcouru les savanes Africaines. Il tire son nom Français de ses longs filets, constitués par ses rectrices externes. Mais, comme souvent, son nom Anglais (Rollier à poitrine lilas) est plus représentatif de cette couleur originale qui frappe le plus chez cet oiseau. Le Rollier à longs brins peut être observé dans les 2/3 Sud du continent, de l'Afrique Australe jusque, au Nord, l'Angola, la République Démocratique du Congo et l'Ethiopie.
Bucorve du Sud (Southern ground-hornbill, Bucorvus leadbeateri), mâle adulte, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Bucorve du Sud (Southern ground-hornbill, Bucorvus leadbeateri), mâle adulte, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Les Bucorves sont plus communément appelés en Afrique Calaos de terre (Ground hornbills). Bien qu'ils sachent voler, c'est plus souvent en marchant qu'ils se déplacent et capturent gros insectes, escargots, grenouilles, reptiles et petits mammifères (jusque la taille de jeunes lièvres) dont ils se nourrissent. Ils peuvent mesurer jusque 130 cm de long et peser jusque 6 kg (pour le mâle, taille d'un beau dindon). Chez la femelle, la surface de peau rouge est limitée aux poches situées sous le bec, surmontées d'une petite zone de peau bleue au niveau de la gorge. Dans le Nord de l'Afrique sub-saharienne, le Bucorve du Sud est remplacé par une espèce proche, le Bucorve d'Abyssinie (voir ses photos sur ce site via la recherche par mot clé).
Bucorve du Sud (Southern ground-hornbill, Bucorvus leadbeateri), immature, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Bucorve du Sud (Southern ground-hornbill, Bucorvus leadbeateri), immature, Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. D'abord bruns, avec une peau faciale jaunâtre, les Bucorves juvéniles ne deviennent tout à fait noirs, avec une peau faciale rouge, qu'au terme des 4 à 6 ans qui leur sont nécessaires pour atteindre leur maturité sexuelle. Cette espèce vit en groupes familiaux de 2 à 8 individus parmi lesquels seul un couple dominant se reproduit. La femelle ponds 1 à 3 œufs à 3 à 5 jours d'intervalle dans une cavité d'arbre d'au moins 40 cm de diamètre, et couve dés le premier œuf. Le développement rapide du premier né lui permet de monopoliser toute la nourriture apportée au nid par l'ensemble du groupe familial. Il est de ce fait le seul à survivre. Au Botswana, un groupe familial ne produit qu'un jeune volant tous les 2 ans et demi (tous les 9 ans seulement au Parc Krüger dans une autre étude). Si l'on ajoute à ce taux très faible de reproduction le fait que la maturité sexuelle n'est souvent atteinte qu'à l'âge de 6 ans, la raréfaction des arbres capables d'héberger de si gros nids, et l'abattage fréquent des Bucorves du fait de différentes superstitions, ou pour leur utilisation dans la médecine traditionnelle, ou comme viande de brousse, on ne s'étonnera pas du fait que cette espèce ne survive pratiquement plus que dans les Parcs et Réserves, ait été classée vulnérable par l'IUCN dés 2010, et soit maintenant en passe d'être classée à risque de disparition.
Huppe d'Afrique adulte  (African hoopoe, Upupa Africana), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana.Huppe d'Afrique adulte (African hoopoe, Upupa Africana), Shinde, Delta de l'Okavango, Botswana. Les Huppes sont des oiseaux magnifiques, spécialement lors de leur vol élégant au cours duquel elles ressemblent à de grands papillons bigarrés, ou lorsque, alertées, elles étalent leur belle crête en une sorte de roue dentée. La huppe d'Afrique a longtemps été considérée comme une sous-espèce de la Huppe fasciée que nous observons en Europe, et son individualité reste contestée par certains groupes comme le Cornell's lab of Ornithology américain. Les différences avec la Huppe fasciée ne concernent que les mâles: couleur orange plus soutenue, rémiges primaire totalement noires d'où, au vol, absence de la bande blanche longitudinale observée chez la H Fasciée. Enfin pas de bande blanche sub-terminale à l'extrémité des plumes de la huppe.
Barbican promépic adulte (Crested barbet, Trachyphonus vaillantii), Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana.Barbican promépic adulte (Crested barbet, Trachyphonus vaillantii), Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana. Un oiseau assez commun dans la partie Nord-Est de l'Afrique australe. Taille moyenne (24 cm), allure cocasse du fait de sa crête hirsute et de son apparence flashy, multicolore à dominante noire et blanche dessus, jaune dessous, avec des touches rouges sur la calotte, la face et le croupion. Apparenté aux pics, il vit dans le voisinage des arbres, et est affublé d'un très gros bec avec lequel il explore, entre autres, les fissures des troncs.
Barbican promépic (Crested barbet, Trachyphonus vaillantii), adulte s'apprêtant à consommer un papillon, Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana.Barbican promépic (Crested barbet, Trachyphonus vaillantii), adulte s'apprêtant à consommer un papillon, Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana. Le Barbican promépic consomme une diète variée: insectes, escargots, fruits, nectar, occasionnellement œufs et oisillons. On le voit ici s'apprêter à déguster un papillon. Il se signale particulièrement par son chant, sorte de trille répétitif qu'il peut maintenir jusque 5 mn.. Il niche dans des cavités d' arbres, non rarement après en avoir expulsé leurs premiers occupants.
Pic de Bennett (Bennett's woodpecker, Campethera bennettii), mâle adulte cherchant sa nourriture, Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana.Pic de Bennett (Bennett's woodpecker, Campethera bennettii), mâle adulte cherchant sa nourriture, Shinde camp, Delta de l'Okavango, Botswana. Un pic de taille moyenne (22-24 cm), assez abondant dans le Nord de l'Afrique australe. Nous l'avions déjà rencontré en 2012 dans le parc de Mana Pools, au Zimbabwe. Distingué des 2 autres pics de même taille vivant dans la région (le Pic à queue dorée et le Pic barbu) par sa gorge claire et unie, et sa poitrine marquée de tâches sombres arrondies alors qu'elle est striée dans les 2 autres espèces. Seul le mâle a des moustaches rouges. Celles de la femelle sont plus petites, et noires, et sa calotte n'est rouge que dans sa moitié postérieure. Mange souvent sur le sol.